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Article principal : Armée napoléonienne.
Armée napoléonienne
Fusiliers-chasseurs et fusiliers-grenadiers de la Garde impériale en grande tenue. Planche de Richard Knötel.
Fusiliers-chasseurs et fusiliers-grenadiers de la Garde impériale en grande tenue. Planche de Richard Knötel.

Période 18021815
Pays France
Allégeance Flag of France Empire français
Effectif 1 600 000 personnes
Devise « Valeur et Discipline »
Guerres Guerres napoléoniennes
Commandant historique Napoléon Ier

L'organisation générale de l'armée napoléonienne du Premier Empire consiste en des unités d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie, de génie, des services et des commandements.

Commandement et organisation structurelle Modifier

Le Grand Quartier généralModifier

L'organisation du Grand Quartier général était assez complexe. Il faut y distinguer, quoique dans la pratique l'un et l'autre concourent aux mêmes missions, le personnel attaché à la personne de l'Empereur et le personnel de l'état-major général.

Le Quartier impérialModifier

Le Quartier impérial contient tout le personnel militaire attaché à la personne de l'Empereur que ce soit sur le champ de bataille ou à Paris. Il est divisé en trois services :

  • le cabinet de l'Empereur, qui contient le secrétariat (qui est chargé de collecter des informations d'espionnage sur les ennemis), le département topographique (qui prépare les cartes et y figure les mouvements des troupes, dirigé par Bacler d'Albe) et les archives (dirigées par Fain) ;
  • l'état-major particulier de l'Empereur, qui regroupe les aides de camp impériaux (généraux appartenant à toutes les armes, employés soit à renseigner l'Empereur sur des points importants, soit à transmettre sa pensée aux commandants de corps d'armée et à vérifier que les ordres impériaux sont respectés, soit à exécuter sur le champ les décisions urgentes, soit à effectuer des reconnaissances avant les batailles. On y trouve Junot et Mouton, de brillants fantassins, Rapp, un cavalier ardent, Drouot, un artilleur de choix, Bertrand, l'un des meilleurs officiers du génie de l'armée, etc. Ces aides de camp sont habituellement au nombre de douze. Chacun d'eux dispose de quelques officiers d'ordonnance ;
  • la maison militaire de l'Empereur, qui comprend le bureau du grand maréchal du palais (Duroc de 1804 à sa mort en 1813, et Bertrand après) et le bureau du grand écuyer (Caulaincourt). Ils sont employés par l'Empereur pour des missions de confiance d'ordre militaire ou diplomatique et disposent tous les deux de plusieurs officiers d'ordonnance.

L'état-major général de l'arméeModifier

L'état-major général de l'armée sert de poste de commandement pour toute la Grande Armée. C'est de là que partent les ordres pour toutes les troupes. Le service du bureau incombait à quelques officiers spécialisés. L'Empereur était particulièrement exigeant pour l'exactitude et la clarté des états, la promptitude et la précision des rapports. Les papiers étaient donc très bien tenus. L'état-major général de l'armée est dirigé par le major général et comprend :

  • le cabinet du major général, divisé en quatre bureaux (secrétariat, mouvements des troupes, comptabilité, renseignements) et composé surtout d'employés civils, d'officiers à la retraite et de commissaires des guerres ;
  • l'état-major particulier du major général, qui regroupe les nombreux aides de camp du major général (officiers chargés de porter les ordres aux commandants de corps d'armée. Les qualités requises sont l'énergie, l'audace et l'initiative car les distances qui séparent les quartiers généraux sont souvent considérables et la présence de l'ennemi en rend le parcours dangereux) ;
  • l'état-major de l'armée proprement dit, composé de trois divisions (ayant chacune à leur tête un adjudant-commandant) chargées surtout des questions administratives.

Le major général est le chef d'état-major de l'Empereur. C'est aussi le « sous-chef » de l'armée française, Napoléon en étant le chef. C'est un poste de confiance qui requiert énormément de qualités physiques et morales. Il ne dépend que de l'Empereur lui-même et non du ministre de la Guerre. Voici les titulaires de ce poste :

  • 1805-1814 : maréchal Berthier,
  • 1815 (Cent-Jours) : maréchal Soult.

Infanterie Modifier

On distingue deux types d'infanterie : l'infanterie de ligne et l'infanterie légère. L'infanterie de la Garde impériale n'étant pas en soi un autre type mais une troupe d'élite composée elle-même de plusieurs sous-groupes.

Infanterie de ligne Modifier

L'infanterie de ligne est l'infanterie de base qui constitue le gros des troupes. Les régiments d'infanterie de ligne étaient numérotés de 1 à 156 mais il y avait une vingtaine de numéros qui n'étaient pas attribués. La composition des régiments était variable. Elle était généralement de deux à trois bataillons mais parfois de quatre voire de cinq mais ce cinquième bataillon était alors un bataillon de dépôt. Les bataillons de ligne comprenaient six compagnies dont deux compagnies d'élite (une de grenadiers et une de voltigeurs) et quatre compagnies de fusiliers. Ces dernières étaient appelées compagnie du centre car, en bataille, les compagnies d'élite étaient placées sur les flancs, les grenadiers à droite, les voltigeurs à gauche.

Une compagnie de fusiliers (à effectif complet) comprenait :

  • trois officiers : un capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant
  • cinq sous-officiers : un sergent-major et quatre sergents
  • quatre-vingt-onze hommes de troupes : un caporal-fourrier, huit caporaux, quatre-vingts soldats, deux tambours

Les compagnies d'élite avaient, organiquement, un effectif moindre et les compagnies de fusiliers étaient rarement complètes. Les voltigeurs avaient des cornets (petits cors de chasse) au lieu de tambours.

Les compagnies de grenadiers de l'infanterie de ligne ne doivent pas être confondues avec les grenadiers de la Garde impériale. Si les premières sont l'élite de leur régiment, les secondes sont l'élite de l'armée. Malgré son appellation, le grenadier n'est plus, comme à son origine, un lanceur de grenades. Il est sélectionné parmi les soldats des compagnies du centre sur base de sa bravoure, de son ancienneté (minimum quatre ans de service) et de sa grande taille. Les grenadiers de l'infanterie de ligne ne portaient pas le bonnet à poil mais un shako plus haut et plus décoré que celui des autres compagnies. Ils portaient également des épaulettes à franges de couleur rouge.

Les compagnies de voltigeurs de l'infanterie de ligne n'ont été créées qu'en 1805. En théorie, le voltigeur est un soldat capable de sauter en croupe d'un cavalier afin d'augmenter sa mobilité. Napoléon s'est toutefois opposé à cette pratique car il estimait qu'elle était incompatible avec l'exécution des missions de la cavalerie. Il souhaitait toutefois que les voltigeurs soient plus mobiles que les autres fantassins. Pour cela, ils devaient être équipés d'un fusil plus léger, mais ce fut rarement le cas. Tout comme la compagnie des grenadiers, celle des voltigeurs était d'élite et la solde était aussi plus élevée. Les voltigeurs étaient généralement de petite taille. Ils portaient des cols de couleur jaune (chamois) et des épaulettes à franges vertes. Les voltigeurs pouvaient selon les circonstances agir comme éclaireurs ou protéger le flanc gauche du bataillon, le flanc droit étant défendu par les grenadiers.

Infanterie légère Modifier

En théorie, l'infanterie légère est destinée à opérer dans les terrains difficiles (bois, traversée de cours d'eau, terrain montagneux) mais, de fait, elle est utilisée comme l'infanterie de ligne. Elle ne diffère de cette dernière que par l'appellation et l'uniforme. Son armement, son équipement, son entraînement et ses missions sont les mêmes. Le nombre de régiments légers n'a, apparemment, jamais dépassé quarante. Chaque régiment comprend 2 à 3 bataillons (voire 5 pendant les Cent-Jours). Chaque bataillon comprend six compagnies dont deux d'élite : les carabiniers et les voltigeurs. Les unités du centre sont appelées compagnies de chasseurs. Elles ne doivent pas être confondues avec les chasseurs à pied de la Garde. L'organisation est similaire à l'infanterie de ligne. La différence vestimentaire principale réside dans le plastron qui est bleu foncé dans l'infanterie légère alors qu'il est blanc dans l'infanterie de ligne.

Les carabiniers correspondent aux grenadiers de la ligne et portent également des épaulettes rouges. La haute taille n'est toutefois pas requise. Vu leur nom, les carabiniers devraient être armés d'une carabine mais ils ont généralement un fusil. Ils sont toutefois choisis parmi les tireurs les plus qualifiés.

Les voltigeurs ont servi de modèle à leurs homonymes de la ligne puisqu'ils ont été créés un an auparavant, soit en 1804. Ils portent les épaulettes vertes.

Infanterie de la Garde Modifier

Grenadier-a-pied-de-la-Vieille-Garde

Grenadier à pied de la Garde impériale en faction. Peinture d'Édouard Detaille.

L'infanterie de la Garde est, par définition, destinée à la protection du souverain. De fait, elle constitue une réserve d'élite. À son apogée, elle comprenait des unités de type suivant : grenadiers, chasseurs, tirailleurs, voltigeurs.

Les régiments des grenadiers et des chasseurs constituaient l’infanterie de la Vieille Garde. Certains auteurs font toutefois une distinction et utilisent l’appellation « Moyenne Garde » pour les derniers régiments.

Pour faire partie des grenadiers de la Garde, il fallait avoir fait preuve de bravoure et beaucoup d’entre eux étaient décorés de la Légion d’honneur. Il fallait également avoir une taille minimale de 1,76 m, mais vu le manque d’hommes de grande taille, on trichait parfois de quelques centimètres. Un service minimum de 12 ans dans l’armée impériale était exigé pour appartenir au 1er régiment si bien que tous ces grenadiers portaient au moins un chevron d’ancienneté ; le premier étant obtenu au terme de 10 ans, le deuxième 15 et le troisième 20. La moyenne d’âge était de 35 ans. Les grenadiers portaient le bonnet à poil garni d’un triangle en laiton sur l’avant. Il était d’usage de porter la moustache et surtout, à chaque oreille, un anneau d’or. Les compagnies étaient fortes de 150 à 200 hommes.

Les chasseurs à pied constituaient l’autre unité d’infanterie de la Vieille Garde, avec aussi, selon les régiments, une appellation de Moyenne Garde par certains auteurs. Les critères de sélection étaient comparables à ceux des grenadiers, la taille excepté. À la différence des grenadiers, les bonnets à poil des chasseurs ne portaient pas de pièce métallique. Le plus célèbre des chasseurs à pied de la Vieille Garde est certainement le général Cambronne, connu pour avoir lancé son mot à l'adresse des Anglais lors de la bataille de Waterloo.

Les tirailleurs et les voltigeurs constituaient la Jeune Garde ; les premiers étaient le prolongement des grenadiers et les seconds des chasseurs à pied. Ces unités portaient le shako.

Cavalerie Modifier

On distingue la cavalerie légère, la cavalerie de ligne et la cavalerie lourde. Un régiment de cavalerie avait un effectif de 800 à 1200 hommes mais suite aux pertes des combats, les effectifs pouvaient parfois être réduits de 30 %. Un régiment comprenait généralement 3 ou 4 escadrons ; exceptionnellement 6 voire 8. Chaque escadron était composé de deux compagnies commandées chacune par un capitaine. Le capitaine le plus ancien exerçait, en cumul, la fonction de commandant d'escadron. Chaque compagnie avait un effectif de 3 officiers, 4 sous-officiers, 4 brigadiers, 74 cavaliers et une trompette. Ces chiffres variaient légèrement en fonction du type d'unité.

Bataille Waterloo 1815 reconstitution 2011 2

Échantillon de la cavalerie de la Grande Armée lors d'une reconstitution de la bataille de Waterloo : hussards, chasseurs à cheval, chevau-légers lanciers, grenadiers, dragons.

Cavalerie légère Modifier

La cavalerie légère napoléonienne comprend les hussards, les chasseurs à cheval et les chevau-légers lanciers. La cavalerie légère de la Garde comprenait deux régiment de chevau-légers lanciers, l'un polonais et l'autre hollandais (ces derniers étaient appelés lanciers rouges du fait de la couleur de leur uniforme) ainsi que le régiment des chasseurs à cheval de la Garde. Au sein de ce dernier régiment se trouvait l'escadron de mamelouks de la Garde impériale, fort de 250 cavaliers ramenés de la campagne d'Égypte et qui portaient un uniforme pittoresque.

En 1813 furent créés trois régiments d'éclaireurs de la Garde impériale.

Les chevaux de la cavalerie légère avaient une taille de 149 à 153 cm. La robe des chevaux correspondait à l'escadron : noir pour le 1er (escadron d'élite), bai pour le 2e, alezan pour le 3e, gris pour le 4e.

Cavalerie de ligne Modifier

On classe dans cette catégorie les lanciers et les dragons.

Les dragons sont normalement destinés à se déplacer à cheval et à combattre à pied. Le régiment des dragons de la Garde était aussi appelé dragons de l'Impératrice, car Joséphine de Beauharnais avait accepté d'être la marraine de cette unité. Les chevaux des dragons avaient une taille comprise entre 153 et 155 cm.

Cavalerie lourde Modifier

La cavalerie lourde de l'armée impériale est constituée par les cuirassiers, les carabiniers et les grenadiers à cheval. Ces derniers constituaient le régiment de cavalerie lourde de la Garde impériale. Dans ces unités d'élite, les cavaliers étaient des hommes robustes montant de puissants chevaux dont la taille était fixée règlementairement entre 155 cm et 160 cm.

On dénombre 14 régiments de cuirassiers. Ces unités sont destinées à créer la rupture dans une ligne défensive ennemie préalablement affaiblie par les tirs d'artillerie et d'infanterie. Les cuirassiers peuvent aussi charger la cavalerie ennemie. Ils montent des chevaux spécialement sélectionnés pour leur taille et leur puissance. Ils portent, comme l'indique leur nom une cuirasse. Cette protection en tôle de 3 mm d'épaisseur pèse 7 kg et protège le torse et le dos contre les coups de sabre. Elle n'arrête pas les balles de fusil. Le cuirassier porte un casque avec un cimier surmonté d'une houpette et avec, pour protéger la nuque, une longue crinière noire. Le cuirassier est armé d'un long sabre droit, d'un pistolet et d'un mousqueton. Ce dernier est quelquefois laissé à l'arrière.

Les carabiniers portent, depuis 1810, également une cuirasse mais de couleur jaune. Cette décision fut prise par Napoléon suite aux nombreuses pertes, en 1809, dues aux lances des uhlans autrichiens. On ne compte que deux régiments de carabiniers à cheval. Leurs missions sont similaires à celles des cuirassiers.

Artillerie Modifier

Grande Armée - Artillery-Colonel and Chef du Bataillon

Colonel et chef de bataillon d'artillerie.

Dans l'artillerie napoléonienne, on distingue trois types d'unité : la compagnie d'artillerie à pied, la compagnie d'artillerie à cheval et la compagnie du train. Certains auteurs utilisent l'appellation batterie plutôt que compagnie (le terme de compagnie est la désignation administrative de l'unité, la batterie étant cette unité déployée sur le terrain). Les compagnies d'artillerie à pied ou à cheval assurent la mise en œuvre des pièces (le tir) tandis que les compagnies du train sont chargées de leur transport. Les compagnies d'artillerie à pied ont un effectif de 120 hommes (4 officiers, 10 sous-officiers et 106 hommes de troupe) et n'ont aucun cheval de selle, mais bien d'attelage. Les compagnies d'artillerie à cheval ont un effectif de 100 hommes (4 officiers, 10 sous-officiers et 86 hommes de troupe). Chaque homme dispose d'un cheval de selle. Les compagnies du train ont un effectif théorique de 141 hommes (1 officier, 14 sous-officiers, 126 hommes de troupe). Elles disposent de 20 chevaux de selle et de 230 chevaux de trait. Cette organisation a pour but de ne pas laisser les chevaux de trait trop près des pièces lors de la bataille.

Les pièces d'artillerie comprennent des canons dont le calibre peut être de 4, 6, 8 ou 12 livres et des obusiers de 5 ou 6 pouces.

La batterie à pied met en œuvre 6 canons et 2 obusiers ; la batterie à cheval 4 canons et 2 obusiers. L'attelage d'un canon ou d'un obusier est de 4 chevaux de trait sauf pour le canon de 12 livres qui en requiert 6. Les caissons à munitions sont tirés par 4 chevaux. Généralement, 3 caissons à munitions sont prévus par pièce.

Notes et références Modifier

Voir aussi Modifier

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