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Claude François André dit André d'Arbelles, né le 21 avril 1767[1] à Montluel (Ain) et mort le 28 septembre 1825 au Mans, est un journaliste et haut-fonctionnaire français des XVIIIe et XIXe siècles.

Biographie Modifier

Frère de Claude André, évêque de Quimper, il fit ses études à Lyon et vint de bonne heure à Paris où il fut secrétaire du comte Stanislas de Clermont-Tonnerre.

Révolution française Modifier

Un autre de ses frères, notaire à Lyon, ayant été compromis par des papiers, trouvés dans les appartements du roi, après la journée du 10 août 1792, fut décrété d'arrestation par la Convention, le 2 décembre de la même année. Il échappa d'abord aux poursuites de ses ennemis ; mais ayant été pris, après le siège de Lyon, il fut traduit à la commission révolutionnaire établie dans cette ville, condamné à mort et exécuté en janvier 1794 : il était âgé de 41 ans, et né aussi à Montluel.

André émigra en 1792, et n'ayant pas d'autres ressources, il entra comme simple cavalier dans l'armée des Princes, où il fut connu sous le nom de M. de Montluel (du nom de la ville où il avait vu le jour), fit la campagne de cette année 1792, puis dans le régiment autrichien des dragons de Latour, avec lequcl il fit plusieurs campagne.

Revenu à Paris en 1798, il fut employé à différents travaux littéraires et politiques par Talleyrand, ministre des Relations extérieures, et concourut à la rédaction du Messager du Soir, où il eut pour collaborateur Isidore Langlois, et à celle de l'Argus, journal anglais qui s'imprimait à Paris, auquel travaillaient aussi Barrère et Goldsmitz, et dont le ministère faisait les frais.

L'auteur des Mémoires d'un homme d'État[2] le désigne comme l'un des agents qui, avec MM. de Montrond et de Sainte-Foy, demandèrent aux envoyés d'Amérique, de la part de M. de Talleyrand, une somme d'argent pour faire réussir une négociation.

André travailla longtemps à la composition de différentes brochures de circonstance, qui furent publiées sans nom d'auteur, et même quelquefois sans nom d'imprimeur.

Premier Empire Modifier

Nommé historiographe du ministère des relations extérieures vers 1808, il fut chargé en cette qualité de publier divers écrits, dont le but était de préconiser la politique de Napoléon Ier. Ce fut vers la même époque qu'il changea encore une fois son nom en celui d'Arbelles.

Restauration française Modifier

En 1814, il prit une grande part à la Restauration des Bourbons, et seconda pour cela, de tous ses moyens, M. de Talleyrand, qui lui fit accorder la décoration de la Légion d'honneur, et le destinait à de plus grandes faveurs lorsque le retour de Napoléon vint changer tant de projets.

André d'Arbelles refusa de lui prêter serment et perdit son emploi ; mais aussitôt après le second retour de Louis XVIII, il fut nommé préfet de la Mayenne le 17 juillet 1815 puis en août maître des requêtes au Conseil d'État en service extraordinaire. Ce fut alors qu'il prit ouvertement le titre de marquis d'Arbelles auquel il renonça un peu plus tard.

Après l'ordonnance royale du 5 septembre 1815, si funeste au parti royaliste, André d'Arbelles fut révoqué de sa préfecture en 1817 comme trop royaliste. Réintégré dans ses fonctions préfectorales en janvier 1823, il fut alors appelé à la préfecture de la Sarthe.

C'est dans ces fonctions qu'il est mort au Mans le 28 septembre 1825, par un accident déplorable, et dont M. de Clermont-Tonnerre fut involontairement la cause. Ce ministre s'étant rendu au Mans pour y faire une inspection, le préfet s'empressa d'aller au-devant de lui ; mais dans le moment où il s'approchait du cortège ministériel il fut foulé aux pieds par un cheval échappé. Il mourut quelques heures après cet accident, fort regretté de tout le pays qu'il administrait.

Publications Modifier

Voici les titres de ses publications, toutes anonymes :

On sait que ce manifeste avait été composé par Gentz ;
Cet ouvrage, dirigé contre la Russie, fut retiré de la circulation à la nouvelle du traité de Tilsitt ;
Il en fut de cet ouvrage, après la paix de Schönbrunn, ce qu'il avait été du précédent après la paix de Tilsitt ;
  • Tableau historique et politique de la Cour de Rome, depuis l'origine de sa puissance temporelle jusqu'à nos jours ; Paris 1810, in-8°.
L'auteur eut la faiblesse d'écrire cet ouvrage contradictoircment à ses propres principes, pour obéir aux ordres du gouvernement impérial qui le lui demandait. Cet ouvrage parut au moment où Napoléon s'emparait des États romains et faisait conduire le Pape prisonnier en France. C'était une justification de tous ces actes : elle aurait trouvé plus de lecteurs, si, à la même époque, n'eût paru l'essai historique de M. Daunou, sur la Puissance temporelle des Papes
  • Mémoire sur la conduite de la France et de l'Angleterre à l'égard des neutres ; Paris, imprimerie impériale, 1810, in-8°.

D'après de nouveaux renseignements, dit l'auteur du Dictionnaire des Anonymes, il parait que ces divers ouvrages ont été rédigés par M. Lesur ; mais des renseignemens plus certains ne nous permettent pas de douter qu'André d'Arbelles en ait composé une grande partie.

Notes et références Modifier

  1. Baptisé à la paroisse ND-des-Marais (acte de baptême).
  2. Tome VI, page 29.

Voir aussi Modifier

Bibliographie Modifier

  • Alphonse de Beauchamp, Pierre François Félix Joseph Giraud, Joseph Fr. Michaud et Henri Louis de Coiffier de Moret, Biographie moderne : ou Dictionnaire biographique, de tous les hommes morts et vivans qui ont marqué à la fin du 18e siècle et au commencement de celui-ci, par leurs écrits, leur rang, leurs emplois, leurs talens, leurs malheurs, leurs vertus, leurs crimes, et où tous les faits qui les concernent sont rapportés de la manière la plus impartiale et la plus authentique, P.-J. Besson, 1807, 2e éd. [lire en ligne]  ;
  • Alphonse de Beauchamp et Étienne Psaume, Biographie moderne, ou, Galerie historique, civile, militaire, politique, littéraire et judiciaire : contenant les portraits politiques de Français de l'un et de l'autre sexe, morts ou vivans, qui se sont rendus plus ou moins célèbres, depuis le commencement de la révolution jusqu'à nos jours, par leurs talens, leurs emplois, leurs malheurs, leur courage, leurs vertus ou leurs crimes, vol. 1, A. Eymery, 1816, 2e éd. [lire en ligne]  ;
  • Jean-Irénée Depéry, Biographie des hommes célèbres du départment de l'Ain : qui se sont distingués par leurs sciences, leurs talens, leurs actions, leurs vertus ou leurs vices, vol. 1 à 2, Bottier, 1835 [lire en ligne]  ;
  • François-Xavier Feller, Biographie universelle : Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom, vol. 1, J. Leroux, 1847 [lire en ligne]  ;
  • Dictionnaire de biographies française, Librairie Letouzey et Ané, 1936, tome II, p. 946.
  • Les Préfets du 11 ventôse an VIII au 4 septembre 1870, Archives nationales, 1981.

Articles connexes Modifier

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